الثلاثاء، 17 مايو 2011

Mohamed Samraoui à Tahia bladi


Tahia bladi: Vous avez confirmé au journal Mediapart, après avoir vu la photo de Mohamed Ziane Hassani, qu’aucun doute ne subsistait dans votre esprit et que cet individu est bien le capitaine”Rachid Hassani” qui a remis, en votre présence la somme de 800 000 FF à Abdelmalek Amellou, l’assassin de Ali Mecili. Pouvez-vous nous en dire plus?

Mohamed Samraoui: Je rectifie, ce n´est pas la totalité des 800.000 FF que Rachid Hassani avait remis ce jour là à Abdelmalek Oumellou, mais une partie seulement, ce dernier était hors de lui lorsqu´il s´était aperçu que son officier traitant ne lui remettait pas l’intégralité du montant convenu.
Pour ce qui est de l´identification de Mohamed Ziane Hasseni, le mieux serait que je me rende à Paris pour une éventuelle confrontation. D´après les photos montrées, il s´agit bel et bien de Rachid Hassani, mais ma conscience et la crainte de Dieu ne m´autorisent pas à accuser un innocent, par conséquent une confrontation est souhaitable pour lever les derniers doutes.


TB: Comment expliquez vous que M.Z.Hassani, se sachant sous le coup d’un mandat d’arrêt international, soit venu a Marseille, se jeter de lui même entre les mains de la Justice française?

MS: Vous n´allez certainement pas me croire si je vous disais que Rachid Hassani allait être muté à la fin des années 1980 en …France, et ce n´est que sur insistance de l’intéressé qu’il fut finalement envoyé en poste en tant que consul à Bamako au Mali. C´est pourtant la stricte vérité !

A mon avis il y a plusieurs explications, Hassani a certainement reçu des assurances pour se rendre en toute quiétude en France, grâce à la détention d´un passeport diplomatique (qui devait en principe lui octroyer l’immunité) et en jouant sur l’homonymie.

La falsification d´un passeport et l’établissement d´une nouvelle légende sont des techniques courantes pour se soustraire à la justice ou exécuter des opérations clandestines dans un environnement étranger ou hostile.

Il ne faut pas perdre de vue que les actuels chefs du DRS (ni le président Bouteflika d’ailleurs) ne sont pas mêlés à l’affaire Mecili, qui remonte à avril 1987, donc sacrifier Hassani ne leur causera aucun souci judiciaire et ne sera en aucun cas une source d´inquiétude pour eux.

TB: La justice française a-t-elle sollicité votre témoignage? Et si tel est le cas, y répondrez vous favorablement?

MS: Pour le moment je n’ai pas été sollicité, mais je me tiendrai à la disposition de la justice française si elle le désire. Ce sont les propos que j’ai tenus avec le juge Thevenot lorsqu’il est venu me voir en Allemagne en 2003. Ma position n´a toujours pas varié.

TB: Comment expliquez-vous que le ministre de l’époque, Charles Pasqua, ait littéralement exfiltré l’assassin de A. Mecili, vers l’Algérie, le soustrayant ainsi à la justice française?

MS: En 1986 les relations algéro-françaises entamaient une nouvelle ère, les jalons de la coopération entre la DGPS et la DST se mettaient en place, Smain Lamari avait même aidé la DST dans l’affaire des otages au Liban. Ce qu’ont fait les ministres Charles Pasqua et Pandreau n’est en fait qu’un retour d’ascenseur. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Hadj Yala s´était rendu à Paris et l’affaire s’est dénouée avec l’aboutissement que vous savez, à savoir l’exfiltration de l´assassin de Maître Ali Mecili, la fameuse expulsion en urgence absolue d’Abdelmalek Oumellou qui portait sur lui un ordre de mission de la DGPS signé par le capitaine Hassani Rachid.

TB: Pensez-vous que l’Instruction de l’affaire va suivre normalement son cours, ou bien risque-t-elle, comme ce fut le cas pour le tueur, que des tractations politiciennes ne conduisent à la dévoyer, et à la classer pour ”Raison d’État”?

MS: Les tractations ont certainement commencé, mais la conjoncture de 1987 n´est pas identique à celle de 2008, voilà pourquoi je ne vois pas l´intérêt d´un classement de cette affaire.

Hassani doit soulager sa conscience et avouer sa participation à ce meurtre à la fois macabre et gratuit. Ce n´est certes qu’un exécutant, mais il doit répondre devant la justice de ses actes afin que les assassinats politiques soient bannis et ne servent plus de moyens d’intimidation contre ceux qui ne partagent pas les vues des décideurs ou refusent leurs dérives.

Il faut aussi que l’assassin Oumellou soit remis à la justice, pourquoi le couvre-t-on à Alger ? La moralisation des institutions passe par le nettoyage et le limogeage de tous les responsables ayant trempé dans les magouilles, la corruption et les meurtres d´innocents.

TB: Est-ce-que des personnalités du régime algérien, encore en fonction sont susceptibles d’être inquiétées dans cette affaire?

MS: Forcément ! Si la justice française va au bout, et c´est ce que je souhaite, certaines personnalités du régime doivent trembler, je pense tout particulièrement au général Larbi Belkheir qui servait à l’époque à la Présidence de la République et qui était un proche du général Mejdoub Lakhal Ayat , le chef de la DGPS.
Ce dernier étant décédé, il va de soi que les commanditaires de l’assassinat de Mecili vont tout faire pour lui imputer la responsabilité de cet odieux forfait.

TB: Comment vivez-vous en Allemagne? Avez vous des projets politiques? Gardez-vous l’espoir de retourner un jour dans votre pays?

MS: C´est très difficile de vivre l’exil, être loin de son pays, de sa famille et de ses amis, mais je n’ai jamais perdu l’espoir parce que je suis sûr que l´Algérie finira par se débarrasser des monstres qui tiennent le pays en otage depuis plusieurs décennies, qui pillent les richesses et poussent la jeunesse au désespoir.
Au sein du mouvement Rachad, nous œuvrons à cette prise de conscience et à l’unification de toutes les forces vives du pays afin que soient surmontées toutes les divergences avec pour objectif d’ancrer la démocratie en Algérie et asseoir l’État de droit qui garantirait l´égalité et les libertés à tous les citoyens.

Interview réalisée par Djamaledine Benchenouf
29 août 2008

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((من كان يؤمن بالله واليوم الآخر فليقل خيراً أو ليصمت))