الأربعاء، 27 مايو، 2015

Sellal reconnaît la gravité de la crise



Le Premier ministre a employé hier le langage de vérité en reconnaissant que le pays vit une situation des plus délicates au plan économique. En présence des nouveaux ministres de l’Energie et des Finances ainsi que du nouveau PDG de Sonatrach, M. Sellal a indiqué que les réserves de changes ne dépasseront pas les 38 milliards de dollars en 2019.


Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a dressé hier un diagnostic plutôt pessimiste de la situation économique du pays, laissant entrevoir, pour la première fois depuis la chute brutale des prix du pétrole, les risques d’une crise imminente en Algérie au cas où rien n’est entrepris pour trouver la parade adéquate.

La situation à laquelle est confronté notre pays est délicate. Nous devons tous en être conscients. La baisse des prix des hydrocarbures risque de s’étaler dans le temps et d’impacter négativement les ressources du pays», a notamment déclaré M. Sellal lors d’une rencontre avec les cadres du secteur de l’énergie, en présence notamment des nouveaux ministres de l’Energie et des Finances ainsi que des nouveaux PDG de Sonatrach et Naftal.

Visage fermé et ton solennel, M. Sellal n’a pas hésité à mettre en évidence les projections catastrophiques concernant les réserves de change qui, selon les estimations du gouvernement, ne dépasseront pas 38 milliards de dollars en 2019, avec un baril à 60 dollars et risquent de tomber à 9 milliards de dollars la même année, avec une moyenne de 50 dollars le baril. Il a souligné aussi que les recettes des hydrocarbures ont baissé de 7,8 milliards de dollars durant le premier trimestre 2015 et que l’inflation a atteint 4,96% au mois de mai.

Des faits qu’il a qualifiés de «dérapages qu’il faut absolument arrêter», tout en affirmant que «la situation est encore sous contrôle» et que «la liberté d’action est encore entre les mains du gouvernement». Le Premier ministre ne l’a pas dit clairement, mais il ne semble pas écarter d’éventuels risques d’endettement extérieur du pays au cas où les choses ne s’améliorent pas.

«Sonatrach doit s’investir davantage dans l’exploration»

Par sa sortie médiatique à l’occasion de la nomination du nouveau PDG de Sonatrach, le Premier ministre a délivré, contrairement à son habitude, un message moins rassurant aux Algériens quant à l’avenir économique du pays, reconnaissant que les mesures d’austérité prises jusqu’à présent ne sont pas suffisantes pour redresser la barre. Il a souligné, dans son allocution aux allures de discours à la nation, que l’équation qui se pose au gouvernement est de «faire traverser au navire Algérie cette zone de turbulences et engager la diversification de l’économie».

Une diversification qui ressemble quelque peu à un vœu pieux pour le moment, puisque le Premier ministre s’est surtout montré préoccupé par la chute de la production et de l’exportation d’hydrocarbures et ses impacts négatifs sur l’économie nationale. Il a d’ailleurs fait le déplacement, hier, à Sonatrach, pour insister notamment sur la nécessité d’augmenter la production d’hydrocarbures «coûte que coûte». Il a dit à ce propos : «Le rôle du secteur de l’énergie sera décisif.

Il devra nous accompagner (…) pour permettre à l’Etat d’honorer ses engagements sociaux envers les concitoyens dans les domaines tels que l’habitat, l’éducation et la santé.» Il a carrément ordonné à Sonatrach de suspendre ses efforts de recherche à l’international et de se concentrer sur l’exploration et la production sur le domaine minier national, sous-exploité, selon lui. «Il y a un impératif, celui d’accroître la production.

Sonatrach doit s’investir dans son domaine de compétence et éviter la dispersion. L’Algérie en a besoin et nous irons vers cet objectif, car il faut savoir que si la moyenne mondiale de densité de forage par 10 000 km2 est de 105 puits, en Algérie elle n’est que de 14 puits», a déclaré le Premier ministre.

Baisse de l’IBS et de la TAP

L’encouragement de la production nationale et la lutte contre la fraude à l’importation ont été par ailleurs les points abordés, hier, par M. Sellal qui a révélé que la loi de finances complémentaire (LFC2015) – qui sera présentée en juillet prochain – inclut plusieurs facilitations fiscales au profit des investisseurs nationaux en vue d’encourager la production nationale. Il a annoncé notamment que l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) et la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) seront revus à la baisse.

Le Premier ministre accède ainsi aux demandes des organisations patronales – notamment le FCE qui remettait en question l’unification du taux de l’IBS à 23% par la loi de finances de 2015, alors qu’il était auparavant de 19% pour les entreprises de production et de 25% pour les sociétés d’importation. Le taux de 2% de la TAP sera également revu, selon le Premier ministre, qui a parlé d’une réadaptation du crédit documentaire (crédoc) grâce à des mesures qui permettront de lutter contre la fraude à l’importation.

M. Sellal a annoncé par ailleurs des mesures pour la rationalisation de la consommation d’énergie et des carburants, sujets à un «gaspillage intolérable», selon lui. Tout en écartant cependant l’augmentation des prix, il a insisté sur la rationalisation de la consommation qui atteint 18 millions de tonnes/an de produits pétroliers.

le 26.05.15 
elwatan
Zhor Hadjam

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